Vers un statut juridique du jeu vidéo
Par Kalan, vendredi 18 septembre 2009 à 10:46 :: General :: #54 :: rss
Que notre gouvernement décide de s'intéresser au monde du jeu vidéo est une bonne nouvelle.
Il sera intéressant de suivre de prêt, au-delà des éventuelles aides à la création qui seraient mises en place, quels seront les acteurs impliqués dans cette "définition [du] statut juridique du jeu vidéo".
Si je ne m'appuie que sur ce que j'ai lu dans cet article du Nouvel Obs, il semble que seule l'"industrie" du jeu vidéo soit visée.
Comment, nous, les acteurs de l'"alternative" à cette industrie, pourrions-nous avoir une place. Une place qui éviterait, à termes, d'être mis totalement sur la touche, voire totalement rejetés.
Car ne nous y trompons pas, quand les intérêts financiers sont en jeu, tout ce qui peut représenter un danger pour les modèles économiques en place a vite fait de se retrouver "illégal".
D'aucun m'expliqueront que nous ne mettons pas en danger l'industrie du jeu vidéo. Que nous sommes tellement anecdotiques que nul ne se préoccupera de nous et que nous pourrons continuer à vivoter dans notre coin sans déranger qui que ce soit.
C'est certainement vrai; mais quand on observe les tentatives en cours pour contrôler le Web, on peut se projeter dans un avenir hypothétique et s'inquiéter.
Je ne parle pas que de l'HADOPI, il y a aussi ces sorties irréalistes contre cet internet incontrôlable et dangereux pour l'image d'hommes publics qui se lâchent maladroitement et se font "coincés" par le buzz -- Valls, Hortefeux, Royal et son site ridicule, Sarkozy...), la réaction d'un ministère à l'encontre d'un jeu en ligne alternatif de très mauvais goût qui, si dans le fond peut être justifié (on a le droit d'être choqué devant tant de cynisme), se traduit immédiatement par une menace d'interdiction (qui nécessitera sans doute un changement de la loi).
Que fera-t-on si, avec l'aide de la recherche du spectaculaire des grands média , se construit un amalgame entre "jeu alternatif" et "mise en danger de la moralité de nos têtes blondes" ?
Je ne reviendrai pas sur l'évidente (à mon avis) nécessité de nous faire représenter par une institution (association, fédération ou que sais-je) auprès des média et demain de nos gouvernants; mais comme j'avais imaginé, il y a maintenant 5 ans, l'arrivée massive des jeux "grosse production" et leur impact sur notre monde "amateur" (plus large offre de jeux, moindre qualité ludique mais une visibilité telle que l'amateur sombre dans l'anonymat le plus complet), je peux aussi imaginer que si personne ne fait savoir à notre ministre de la culture qu'il existe dans le monde du jeu vidéo autre chose que les Ubisoft et autres studio de production de jeu vidéo, que cette alternative est riche, le risque d'être rejeté jusqu'à disparaître n'est pas à exclure, loin s'en faut.
Ne serait-il pas temps que nous fassions acte d'existence ?
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